Arrivée en Corse — Entre L’Île-Rousse et Calvi

Blog N°3 — Lundi 22 juin 2026, au mouillage dans la baie de Calvi

Moment paisible… en ce début d’après-midi, au mouillage face à la majestueuse citadelle de Calvi.

La chaleur est écrasante mais il y a un peu d’air dehors donc, grâce aux manches à air installées sur les hublots, un léger courant d’air rafraîchit l’intérieur du carré où nous nous reposons chacun sur sa banquette. Nous sommes bercés par les petits clapotis de la coque avant le prochain bain dans cette eau turquoise d’une transparence incroyable qui nous entoure.

En vérité, nous sommes un peu perdus, un peu désorientés. Les corps s’adaptent à la vie en mer et à la chaleur. Nous traversons une sorte de décompression — un classique des premiers jours de vacances. La fatigue qui a suivi la traversée a déclenché un relâchement général : on ralentit, on se sent amorphes, on culpabilise de ne pas être plus efficaces ou plus excités à l’idée de réaliser un rêve… bref on se sent… « Aujourd’hui peut-être… ou alors demain… ce sacré soleil… me donne la flemme… ». En même temps, à bien y réfléchir, ces derniers mois ont été particulièrement intenses : les nerfs ont été mis à rude épreuve entre un programme de déplacements hyper chargé et tout le stress lié aux préparatifs du bateau pour son premier départ… il y avait de la tension et de l’appréhension !

Et voilà que nous y sommes — à faire des mouillages au chaud, dans une eau limpide, pour visiter la Corse, de petites criques en petites baies… à l’aventure sur l’île de beauté : cet objectif-là est en cours de réalisation ! Que du bonheur ! Il nous faut juste réaliser et profiter pleinement — et si la vie ralentit, c’est tout à fait ok, car prendre son temps est devenu un vrai luxe dans notre société !

Alors, pour revenir à notre arrivée sur l’île de beauté, il nous aura fallu 25 heures de navigation pour la traversée. Il y avait trop peu de vent pour la faire à la voile, donc c’est à un bon rythme moteur que nous avons quitté le continent. Quelques sauts d’eau pour se rafraîchir, un bon bouquin et surtout l’œil vif et l’âme impatiente de savourer des instants de contemplation quand la terre disparaît et que notre voilier commence son tête-à-tête avec les éléments ! Grandiose !

Nous avons eu la visite de quelques dauphins — moments toujours magnifiques où nous avons l’impression que ces animaux entrent en communication avec nous. Quand l’un d’eux me regarde du coin de l’œil et qu’il semble sourire, je me sens la plus chanceuse au monde !

Après un magnifique coucher de soleil, nous avons organisé nos quarts pour assurer la veille toute la nuit. Il a été décidé de faire des veilles de 2h30. Le fin croissant de lune présent cette nuit-là a vite disparu et nous avons pu assister à un ciel étoilé incroyable, tout juste vêtu de sa Voie lactée. Un beau spectacle !

Au milieu de la nuit, le vent s’est levé un peu et nous avons pu sortir les voiles et arrêter le moteur quelques heures.

Et puis nous avons aperçu la terre — les chaînes de montagnes corses se sont dessinées petit à petit à l’horizon. Nous avions décidé de commencer notre tour par L’Île-Rousse. Le mouillage est possible non loin du port, donc nous sommes allés poser notre ancre au bout des plages, face à une côte sauvage où se niche, au milieu des rochers, une petite crique avec sa plage de sable blanc. De quoi commencer la visite à bord du kayak et permettre au chien de mettre pied à terre ! Ce coquin fait de la résistance et, malgré son apprentissage pour faire ses besoins à bord, il attend patiemment de revenir à terre pour se soulager !

Le lendemain, nous sommes allés visiter L’Île-Rousse et sa presque-île de la Pietra où trône le phare entouré de lagunes rocheuses. Il y a déjà du monde et la ville est très jolie. C’est l’heure des premières charcuteries corses et des déambulations dans les ruelles de cette jolie ville habillée de cette roche presque rouge au moment du coucher du soleil. L’étendue des plages de sable blanc est impressionnante, agrémentées de bars et de petits restaurants joliment décorés pour rendre l’expérience plage inoubliable !

À vrai dire, on n’aime pas trop les plages, alors on profite de la vue pendant notre balade et nous repartons en annexe à bord de Miamorca pour les baignades et le farniente ! D’autant que nous avons des heures de sommeil à récupérer.

Nous avons donc profité de 2 jours à L’Île-Rousse avant de partir tranquillement vers Calvi pour un autre mouillage dans sa baie, face à sa magnifique citadelle !

Ce matin nous découvrons la vieille ville, son port, ses ruelles commerçantes et les entrailles de sa citadelle.

Un peu d’histoire…

La citadelle

La construction de la citadelle débute en 1268, quand la République de Gênes cherche à sécuriser ses positions en Méditerranée. Le nom « Calvi » viendrait du latin calvus (« chauve »), en référence au rocher nu sur lequel la forteresse fut érigée.

Semper Fidelis

En 1553 puis 1555, la ville résiste à un siège franco-turc mené avec l’aide de Sampiero Corso. Pour récompenser cette fidélité, les Génois accordèrent à Calvi la devise Civitas Calvi Semper Fidelis, qui figure encore aujourd’hui sur le fronton de la citadelle.

Le Christ Noir miraculeux

Au cœur de la citadelle, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste abrite un Christ Noir dit « miraculeux » : porté en procession lors du siège de 1555, il aurait, selon la légende, étendu sa protection sur la ville et permis aux Calvais de repousser l’assaillant.

La légende Christophe Colomb

Selon la tradition locale, Christophe Colomb serait né à Calvi en 1451, alors que la ville était encore sous domination génoise. Un fait encore débattu, mais fièrement revendiqué par les habitants.

Le parrain de Napoléon

Laurent Giubega, parrain de Napoléon, était originaire de Calvi et accueillit le futur Empereur lors de sa fuite d’Ajaccio en 1793.

Cette visite enrichissante nous a permis de remettre un peu les pieds à terre aujourd’hui. Sans autre moyen de transport, la marche nous permet ces découvertes et le ravitaillement nécessaire avant de repartir à bord — abandonnant avec joie les plages bondées et le monde citadin qui, il faut bien le reconnaître, ne nous manque pas !

On se reconnecte à l’instant présent, on ralentit, on savoure…


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