
Lundi 8 juin 2026 à Gruissan
Il y a quelques heures, à bord de notre beau Miamorca fin prêt pour un nouveau départ, juste devant le port de Gruissan, c’était l’heure de la première mise à la voile. Et là, le moment magique est revenu — hop, comme une musique familière et aimée…. On coupe le moteur et c’est juste le silence et le souffle du vent dans les voiles qui nous porte. Les premières minutes restent gravées comme un instant suspendu. Mais quel bonheur ! Oui, c’est pour ça…. pour ce moment-là, annonciateur de bien d’autres… que j’aime la voile et les aventures en mer. C’est comme les portes dans Alice au pays des merveilles… on passe d’un monde à l’autre en une fraction de seconde et des aventures extraordinaires peuvent commencer….

Il nous aura fallu attendre longtemps ce départ, une bonne année et demie. Alors bien sûr, il y a eu le retour d’Odilon en Méditerranée, les « au revoir » et la vente de notre premier bateau. Ce sont aussi des moments forts, car quand on vit et navigue à bord d’un voilier, un vrai lien de confiance et d’attachement se crée et se renforce au fil des milles parcourus. D’ailleurs, tant qu’Odilon n’avait pas trouvé son nouveau capitaine, nous n’arrivions pas à nous engager de manière efficace sur Miamorca.
Donc, avec patience, allant de petits agacements à de grands doutes, nous arrivons enfin à la veille d’un nouveau départ qui devrait nous apporter encore son lot de surprises.
Le challenge est de taille, de notre point de vue, car nous n’avons pas encore vraiment pratiqué le bateau et l’environnement est tout à découvrir puisque nous commençons tout juste nos aventures méditerranéennes. Heureusement, Miguel a fait plusieurs stages de voile ici et son expérience va bien nous aider. Le programme initial va très certainement prendre quelques libertés et les imprévus vont modeler une aventure unique — mais l’objectif de cette année est de faire le tour de la Corse avant de revenir à Gruissan où nous avons notre place au port, en prenant le chemin des écoliers, histoire de voir quelques amis et la famille au passage.

Programme ambitieux, car nous envisageons la traversée vers la Corse très bientôt, mais c’est fort excitant ! On n’a qu’une envie : se lancer, savourer, découvrir, retrouver nos habitudes de navigateurs, observer les différences par rapport à nos navigations précédentes, se délecter des astuces de M. Amel à bord qui a si bien pensé ses bateaux….. Bref, comme à la veille d’une rentrée ou d’un départ en colo quand on était gosses, on trépigne d’impatience avant le départ prévu dans quelques jours.

Alors bien sûr, nous avons encore 1001 choses à faire d’ici là. Notre voilier, un Amel Sharki des années 80 qui a déjà navigué aux quatre coins du monde, nécessite une attention toute particulière et nous oblige souvent à nous creuser les méninges. L’ancien propriétaire, décédé avant la vente, n’a pu nous confier les secrets d’utilisation de son bateau. On y sent malgré tout l’amour de la navigation et les pratiques bien huilées d’un baroudeur des mers. J’en profite d’ailleurs pour lui rendre hommage et le remercier. Il nous faut juste découvrir : où se trouve tel ou tel élément ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Où va ceci ? Comment fonctionne cela ?
L’armement du bateau — quand on installe et hisse les voiles pour faire avancer notre embarcation de quelque 10 tonnes — devient un casse-tête nécessitant toute notre attention. Il a fallu prendre le temps de préparer la vie à bord : eau, électricité, sanitaire, cuisine, organisation de l’espace ; la navigation : les voiles, le moteur, les drisses, les écoutes, les manilles, les poulies, les winches, le GPS et tout le matériel électronique ; le nécessaire indispensable pour vivre loin du monde : le mouillage (ancre et chaîne), les panneaux solaires, l’éolienne, l’annexe, l’intendance ; la sécurité et les bases réglementaires : gilets, VHF, radeau de survie, atelier de réparation. Bref, on ne chôme pas et les préparatifs de départ sont de la plus haute importance, à effectuer avec beaucoup de calme et de concentration — gage d’un séjour réussi.

Ces quelques jours passés ici au port pour effectuer toutes ces tâches nous permettent de découvrir un peu plus l’environnement, et Gruissan est une petite station balnéaire très sympa. Il fait beau, il fait chaud et même si quelques moustiques tigres très virulents nous agressent un peu (surtout Miguel), il faut bien l’admettre, la vie au soleil est plutôt savoureuse : on est déjà en vacances, belles balades et bains de mer, ville très jolie et très bien équipée, belles plages et bons restos. Tout y est ! On aime la Normandie, mais on apprend à apprécier le Sud… d’autant que nous sommes encore hors saison, donc l’ambiance est plutôt détendue et les gens très sympas.

Prêts à larguer les amarres pour de nouvelles aventures à bord de Miamorca sur les Carnets de Route de Marielle ?

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